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IL JETTE UNE JEUNE OFFICIÈRE DANS L’OCÉAN PACIFIQUE — MAIS CE QU’ELLE DÉCOUVRE SOUS LE NAVIRE RÉVÈLE UN SECRET TERRIFIANT !

« QU’EST-CE QUE VOUS CACHEZ AU PONT QUATRE, CAPITAINE ?! »

La voix de la lieutenante Clara Moreau résonna sur le pont supérieur de l’USS Sentinel, un immense navire militaire américain naviguant au milieu de l’océan Pacifique.

Le vent soufflait violemment. À perte de vue, il n’y avait que de l’eau et un horizon gris.

Face à elle, le capitaine Richard Vauclin, cinquante et un ans, demeurait parfaitement immobile. Ses cheveux gris étaient coupés très courts et plusieurs décorations brillaient sur son uniforme kaki.

— Vous n’auriez jamais dû poser cette question, lieutenante, répondit-il froidement.

Clara, vingt-sept ans, serra les poings.

— Trois membres d’équipage ont disparu en moins de deux semaines. Les caméras du pont quatre ont été désactivées. Et vous avez ordonné de condamner tous les accès !

Richard s’approcha lentement.

— Retournez à votre poste.

— Pas avant de connaître la vérité !

Le visage du capitaine se durcit.

— TU EN SAIS DÉJÀ TROP !

Soudain, il lui donna un violent coup de pied.

Clara perdit l’équilibre.

Ses mains tentèrent désespérément de saisir le bastingage.

Mais il était trop tard.

Elle bascula dans le vide.

SPLAAAAASH !

Son corps disparut dans les eaux glacées du Pacifique.

Richard contempla la surface pendant quelques secondes.

Puis il se retourna.

Sans appeler les secours.

Sans déclencher d’alarme.

Il rejoignit tranquillement une petite table installée à l’abri du vent.

Devant lui l’attendait une assiette de steak.

Il prit son couteau et découpa un morceau de viande.

Comme si rien ne s’était passé.

Il ignorait que Clara était encore vivante.

Et qu’à quelques mètres sous ses pieds, elle allait découvrir le secret le plus effrayant de toute sa carrière.

Trois semaines auparavant, Clara avait embarqué sur l’USS Sentinel pour une mission de surveillance océanographique.

Officiellement, le navire devait étudier des anomalies magnétiques détectées dans une région isolée du Pacifique.

Mais dès son arrivée, elle avait remarqué plusieurs choses étranges.

Le pont quatre était interdit à presque tout l’équipage.

Les officiers qui y travaillaient ne figuraient pas sur les listes habituelles.

Et chaque nuit, vers trois heures du matin, un grondement sourd traversait les cloisons.

Un soir, Clara avait interrogé un jeune marin nommé Ethan.

— Qu’est-ce qu’ils transportent là-dessous ?

Ethan avait pâli.

— Je ne sais pas, lieutenante.

Puis il avait murmuré :

— Mais parfois… j’entends quelqu’un frapper derrière les portes.

— Des coups ?

— Trois coups. Toujours trois.

Deux jours plus tard, Ethan avait disparu.

Le capitaine avait affirmé qu’il avait été transféré sur un autre bâtiment.

Pourtant, aucun hélicoptère ne s’était posé et aucun navire n’avait approché l’USS Sentinel.

Clara avait commencé à enquêter.

Dans un ancien journal de bord, elle avait découvert une mention datant de vingt-sept ans :

« Opération Abysses. Récupération de l’objet 07. Personnel exposé placé en confinement. »

Plus bas, une phrase avait été barrée à l’encre noire.

Clara avait réussi à en déchiffrer quelques mots :

« Ils imitent nos voix. »

Le lendemain, elle avait confronté Richard.

C’était cette confrontation qui venait de la précipiter dans l’océan.

Sous la surface, Clara luttait pour respirer.

Le choc de la chute lui avait coupé le souffle. Son uniforme bleu marine, entièrement trempé, l’entraînait vers le fond.

Elle battit désespérément des jambes.

Enfin, sa tête émergea.

Elle inspira bruyamment.

— À l’aide !

Mais les moteurs du navire couvraient sa voix.

La coque gigantesque avançait lentement à côté d’elle.

Clara comprit qu’elle devait s’y accrocher avant d’être emportée par le courant.

Elle nagea jusqu’à une fixation métallique proche de la ligne de flottaison.

Ses doigts glissèrent une première fois.

Puis une deuxième.

Enfin, elle parvint à s’agripper.

Son épaule la faisait atrocement souffrir.

Alors qu’elle cherchait un moyen de remonter, elle remarqua une étrange plaque circulaire encastrée dans la coque.

Elle semblait beaucoup plus ancienne que le reste du navire.

Son métal était noirci et entouré de soudures épaisses.

Au centre, plusieurs mots étaient gravés.

Clara essuya la surface avec sa manche.

« THEY ARE STILL HERE. »

« ILS SONT TOUJOURS LÀ. »

Son cœur se mit à battre violemment.

Soudain, trois coups résonnèrent derrière la plaque.

TOC. TOC. TOC.

Clara se figea.

Puis une voix étouffée s’éleva de l’autre côté du métal.

— Clara…

Elle faillit lâcher prise.

Cette voix était celle d’Ethan.

— Ethan ?! C’est vous ?

Un silence suivit.

Puis la voix reprit :

— Ouvre… la porte…

Clara approcha son oreille du métal.

— Où êtes-vous ?

La réponse arriva immédiatement.

Mais cette fois, la voix n’était plus celle d’Ethan.

C’était celle de sa mère.

Sa mère, morte depuis huit ans.

— Ma chérie… viens me chercher…

Clara sentit son sang se glacer.

Sur le pont supérieur, un marin s’approcha précipitamment du capitaine.

— Capitaine ! La lieutenante Moreau est vivante !

Le couteau de Richard s’immobilisa.

— Quoi ?

— Elle s’accroche à la coque, près du pont quatre !

Le couteau tomba sur l’assiette.

CLAAAAANG !

Richard se leva brusquement et courut jusqu’au bastingage.

Il aperçut Clara.

Puis il vit sa main posée sur la plaque circulaire.

Son visage devint livide.

— NON… PAS ÇA !

Clara leva les yeux vers lui.

— QU’EST-CE QUE VOUS CACHEZ LÀ-DESSOUS ?!

Richard ne répondit pas.

Il se tourna vers le marin.

— Coupez immédiatement les moteurs ! Lancez une équipe de récupération !

— À vos ordres !

Puis Richard se pencha de nouveau.

— LIEUTENANTE ! ÉLOIGNEZ-VOUS DE CETTE PLAQUE !

Clara cria :

— J’AI ENTENDU ETHAN !

Le capitaine sembla perdre l’équilibre.

— Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

— Il m’a demandé d’ouvrir !

Richard porta une main tremblante à son front.

— Mon Dieu… Il a appris votre nom.

Quelques minutes plus tard, une équipe de secours remonta Clara à bord.

Elle était épuisée, frigorifiée et blessée à l’épaule.

Deux infirmiers l’enveloppèrent dans une couverture.

Richard ordonna qu’on l’emmène immédiatement à l’infirmerie.

Mais Clara repoussa doucement leurs mains.

— Je veux savoir ce qui se trouve derrière cette plaque.

Richard resta silencieux.

— Vous avez essayé de me tuer, capitaine. Je mérite au moins une réponse.

Il détourna les yeux.

Puis il murmura :

— Venez avec moi.

Il la conduisit dans une salle sécurisée, loin des autres marins.

Sur une table reposait un dossier portant la mention :

OPÉRATION ABYSSES — CONFIDENTIEL DÉFENSE.

Richard ouvrit le dossier.

— Il y a vingt-sept ans, un sous-marin de recherche a découvert un objet au fond d’une fosse océanique.

Il montra une photographie.

On y voyait une sphère métallique gigantesque, recouverte de symboles inconnus.

— Nous pensions avoir trouvé les restes d’un appareil expérimental.

— Et ensuite ?

— Nous l’avons remonté à bord.

Richard inspira profondément.

— La première nuit, trois scientifiques ont entendu des voix provenant de l’intérieur.

Clara sentit ses mains trembler.

— Quelles voix ?

— Celles de leurs proches décédés.

Elle se figea.

Richard poursuivit :

— Le lendemain, l’un des scientifiques a ouvert le dispositif.

— Qu’est-il arrivé ?

— Il a disparu.

— Disparu comment ?

— Devant les autres. Il était là… puis il n’était plus là.

Richard sortit une seconde photographie.

Elle montrait une porte métallique déformée de l’intérieur.

— Après cet incident, les autres membres de l’équipe ont commencé à entendre des voix. Certains affirmaient voir des personnes qui n’étaient pas réellement présentes.

— Et la sphère ?

— Nous avons tenté de la détruire. Impossible.

Il marqua une pause.

— Alors nous l’avons enfermée dans une chambre blindée. Cette chambre a ensuite été intégrée au pont quatre du Sentinel, conçu pour transporter l’objet vers une installation de confinement.

Clara comprit soudain.

— La plaque sur la coque…

— C’est un accès technique à cette chambre.

— Pourquoi cette inscription ?

Richard baissa la tête.

— Parce que les hommes chargés de sceller l’objet voulaient avertir ceux qui viendraient après eux.

Clara sentit un frisson parcourir son dos.

— « Ils sont toujours là »… Qui sont-ils ?

Le capitaine la regarda longuement.

— Nous ne le savons pas.

À cet instant, l’éclairage de la salle vacilla.

Une voix grésilla dans le haut-parleur.

— Capitaine Vauclin… ici le pont quatre…

Richard se précipita vers l’interphone.

— Identifiez-vous !

Un souffle répondit.

Puis une voix familière s’éleva.

— Richard… pourquoi m’as-tu abandonné ?

Le capitaine devint blanc.

Clara remarqua une photographie posée dans le dossier.

On y voyait Richard, beaucoup plus jeune, aux côtés d’un autre officier.

— Qui est cet homme ? demanda-t-elle.

Richard murmura :

— Mon frère.

— Où est-il ?

— Il est mort pendant l’opération Abysses.

La voix retentit de nouveau.

— Je suis toujours là, Richard…

Soudain, toutes les lumières s’éteignirent.

Une alarme hurla dans le navire.

ALERTE — DÉFAILLANCE DU CONFINEMENT, PONT QUATRE.

Richard saisit une lampe de secours.

— Nous devons évacuer cette zone !

Clara se redressa malgré sa douleur.

— Et les marins disparus ?

Le capitaine hésita.

— Nous ne pouvons plus rien pour eux.

— Vous n’en savez rien !

Elle se dirigea vers la porte.

Richard lui barra le passage.

— Vous ne comprenez pas ! Cette chose utilise ce que nous aimons pour nous attirer !

Clara le fixa.

— Alors pourquoi avez-vous essayé de me tuer au lieu de me prévenir ?

Le capitaine baissa les yeux.

— Parce que j’ai eu peur.

Sa voix se brisa.

— Et parce que j’ai déjà sacrifié des hommes pour garder ce secret.

Clara répondit froidement :

— Votre peur ne vous donnait pas le droit de me jeter à la mer.

Richard ne trouva rien à répondre.

Clara alerta le commandement du navire par une liaison de secours et demanda l’enregistrement de sa déposition. Elle fit également prévenir les équipes médicales et de sécurité.

Puis, avec un groupe de marins équipés de protections, elle se rendit près du pont quatre.

La porte principale était verrouillée.

Derrière elle, quelqu’un frappait.

Trois coups.

TOC. TOC. TOC.

— Clara ! cria une voix. C’est Ethan ! Aidez-moi !

Elle ferma les yeux.

Puis elle demanda à l’équipe technique de consulter les caméras thermiques.

L’écran montra une silhouette humaine dans le couloir intérieur.

Ethan était vivant.

Il se trouvait derrière une cloison de confinement secondaire, séparé de la chambre où reposait la sphère.

Clara comprit que les voix entendues près de l’objet n’étaient pas toutes réelles, mais que certains marins disparus avaient pu se réfugier dans les compartiments voisins.

Les équipes ouvrirent un passage sécurisé sans toucher au dispositif central.

Ethan fut extrait, épuisé mais conscient.

Deux autres marins furent retrouvés dans une salle technique.

Lorsque Clara les vit sortir, elle sentit les larmes lui monter aux yeux.

— Vous êtes vivants…

Ethan lui prit la main.

— Cette chose connaissait nos souvenirs. Elle essayait de nous faire ouvrir la chambre.

Grâce aux procédures de confinement d’urgence, l’équipe parvint finalement à isoler le pont quatre.

Le grondement cessa.

Les voix disparurent.

Mais personne ne savait si le danger avait réellement pris fin.

Trois jours plus tard, l’USS Sentinel rejoignit une base militaire sécurisée.

Une enquête officielle fut ouverte.

Richard Vauclin fut relevé de son commandement et placé sous enquête pour avoir tenté de tuer Clara, dissimulé des incidents graves et mis son équipage en danger.

Les marins secourus furent hospitalisés.

Quant à la sphère, elle fut transférée sous haute surveillance vers une installation de recherche isolée.

Clara passa plusieurs semaines à se remettre de ses blessures.

Un matin, elle reçut une enveloppe sans expéditeur.

À l’intérieur se trouvait une photographie prise lors de l’opération Abysses.

On y voyait sept scientifiques debout devant la mystérieuse sphère.

Clara examina leurs visages.

Puis elle remarqua un détail qui lui coupa le souffle.

Au fond de l’image, derrière les scientifiques, se tenait une petite fille aux cheveux bruns.

Une enfant d’environ huit ans.

Clara rapprocha la photographie de son visage.

Elle reconnut immédiatement cette fillette.

C’était elle.

Pourtant, vingt-sept ans auparavant, Clara n’était même pas née.

Ses mains se mirent à trembler.

Au dos de la photographie, quelqu’un avait écrit :

« Ils ne viennent pas du fond de l’océan. Ils viennent d’un endroit où le temps n’existe pas. »

Clara resta immobile.

Puis son téléphone sonna.

Numéro inconnu.

Elle décrocha.

Une voix féminine murmura :

— Clara… tu te souviens de moi ?

C’était la voix de sa mère.

Clara sentit son cœur s’arrêter.

— Qui êtes-vous ?

Un silence.

Puis la voix répondit :

— Tu as refermé la porte… mais tu ne nous as pas laissés sortir.

Clara regarda de nouveau la photographie.

Et elle comprit une chose terrifiante : la sphère n’avait peut-être jamais été une simple prison.

Elle pouvait être une porte.

Une porte vers quelque chose que personne ne comprenait encore.

Clara raccrocha et contacta immédiatement les enquêteurs, leur transmettant la photographie et l’enregistrement de l’appel.

Elle avait survécu à l’océan, à la trahison de son capitaine et au secret du pont quatre.

Mais désormais, elle savait que l’histoire ne s’arrêtait pas avec le confinement de la sphère.

La véritable question n’était plus seulement de savoir qui se trouvait derrière cette porte.

C’était de comprendre pourquoi ces êtres connaissaient son visage avant même sa naissance.

Et pourquoi ils semblaient l’attendre depuis vingt-sept ans.

FIN.

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